vendredi 19 février 2016

Le dernier jour.





L’heure approchait… Augustus Khemiae le savait bien. Même s’il était confiant en ses aptitudes de Biologiste de la Peste, il ressentant un semblant de pression qui le maintenait en alerte. La grotte était silencieuse. Sombre, vaguement humide, c’était le point le plus profond et le plus isolé du complexe souterrain, dans les tréfonds de Schindelgeist. 

Face au mur de tubes de verre, alambiques de cuivre oxydé, tuyaux semi-organiques et cheminées ronronnantes, Khemiae opérait les dernières étapes de son mélange impie. Derrière lui, de larges étagères étaient jonchées de fioles et d’éprouvettes vides. Il ouvrit un petit robinet suintant à l’extrémité de ce gigantesque laboratoire pour en récolter un fluide sans couleur, sans odeur, sans consistance définissable. Cependant, la simple vue de ce liquide lui fit ressentir la pire sensation de mal être qu’il ne connaîtrait jamais. Il rempli une gourde confectionnée à partir de vessies humaines cousues entre elles. Cela pris un certain temps, la gourde étant de bonne dimension, et le débit particulièrement poussif. Pendant tout ce temps, le Biologiste marmonnait des paroles sombres dans une des langues maudites de l’Empyrean.


Khemiae manipula la gourde avec précaution, marchant prudemment vers l’obscurité du fond de la grotte. Cette obscurité avait quelque chose de surnaturel, la lumière semblant refuser délibérément d’en approcher. Là-bas, dans l’ombre, se tenait le patient d’Augustus Khemiae. Lui-même arrivait à peine à le distinguer, son corps meurtri drapé dans un linceul de ténèbres. La vision améliorée de Space Marine dont jouissait Khemiae lui permettait à peine de discerner ce qui ressemblait plus à un cadavre qu’au fier guerrier qu’il était autrefois. Le corps du patient du Biologiste avait été littéralement mutilé de l’intérieur, rongé par les toxines et les virus qu’il ingérait depuis des semaines, au point que par moment, les frontières de la réalité semblaient s’estomper à l’intérieur de lui. On pouvait y entendre le rire des Démons, la menace d’une mort imminente, mais aussi de sombres promesses. Le patient s’arma des quelques forces qu’il lui restait pour saisir la gourde. Il sourit, sachant pertinemment que cette quantité du virulent poison qu’elle contenait était suffisante pour le tuer sept fois. Sans que l’ombre d’une hésitation ne transparaisse dans ses gestes, il porta la gourde à ses lèvres et la bu toute entière. 






3 commentaires:

  1. Gloups... Et à ta santé !
    C'est marrant comme ton teasing est accrocheur : il y a des éléments que je reconnais, d'autres que je crois reconnaître, d'autres que je devrais reconnaître et enfin ceux qui me sont parfaitement inconnus... Et le tout pour donner quoi ? Ya de la machine démon, du bonhomme à taille quasi-humaine et des choses à l'échelle indéfinissable.
    Va y avoir du neuf... Du neuf avec du vieux peut-être...

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  2. magnifique boulot, respect pour votre oeuvre maaiiiitre!!

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